Dès le 27 août, il est temps de préparer le retour.

Le plus gros des troupes est déjà parti et les quelques hommes restant s’activent sous la direction de Gaston ROUILLON adjoint de P.E. VICTOR.

Il s’agit de faire un inventaire du matériel et de procéder à la fermeture des dépots.

Bernard écrit justement dans son carnet de bord :

« ...19h00 - Nous partons. Quelle horreur que ces photographes. Il faut voir les hivernants d'une tension nerveuse. Et la vérification de l'arrimage des traîneaux, photographier le camp, se faire filmer en fermant la trappe, alors que ce sont encore les hivernants qui ferment la tour. Heureux que c'est la fin. Je prends le weasel pendant que Masson filme.

Et nous démarrons, dans une neige profonde de 25 cms. Je me trouve le dernier pour le film, quand l'on me réclame à l'avant. Impossible de sortir du sillage. Nous roulons pendant 30 miles jusqu'à 1 heure du matin... »

Les quelques jours suivants sont difficiles et il est souvent question de perte de balises, de balises et de blizzard à la merci des crevasses.

Quelques lignes laissées sur le carnet à la date du 29 août :

« 14h00 - Nous repartons à travers des rochers de glace. Que c'est beau la glace qui parait sculptée par la nature.

15h00 - Camp IV. Même travail de la nature. Un traîneau parait perché sur un rocher de glace. Les jerricans sont éparpillés, quel désordre.

18h00 - Terme Sud. Nous avons traversé nombre de bedières et les traîneaux sont cassés. Repos, ensuite je fais ma toilette. Il fait bon ici.

22h00 - L'autre groupe apparaît à l'horizon, tandis qu'à l'ouest, les montagnes bleues et coiffées de blanc se dessinent sur un ciel magnifique.. Un ciel aux teintes or et violette. Le soleil est presque caché, tout rouge, il me rappelle l'automne chez nous. L'on parle d'abandonner des traîneaux. Il fait maintenant froid, je rentre. »

crevasse

La première semaine de septembre connaitra les mêmes problèmes et quelques incidents mécaniques sans grande gravité. Les weasels déchenillent, dérapent dans de profondes bédières remplies d’eau.Le 6 septembre le convoi quitte la glacier et regagne la moraine glacière. Des pierres, du sable, quelle joie. Une vue magnifique sur le fjord, cette étendue bleue et garni de petits icebergs. bien vite les weasels atteignent le chemin pierreux. Et l'arrivée au lagon. de la mousse, des fleurs, quelle joie !