Le 28 août 1950, une bête de couleur fauve, avait été signalée par le dernier convoi du groupe d'été, est aperçue dans les détritus à quelque distance. Elle avait disparu quelques jours plus tard à la suite d'une poursuite infructueuse effectuée avec deux weasels en vue de la capturer pour l’étudier.

Mais le 29 septembre, d'autres traces apparaissent; il s'agit cette fois de six renards blancs qui séjourneront tout l'hiver à proximité immédiate. Ces renards, presque familiers, viennent manger les déchets déversés chaque jour près de la sortie. A la demande des Expéditions Polaires Françaises, le 2 mars 1951, une bête sera abattue et examinée.

Pourtant le 20 novembre 1950, un appareil DC4 parti d'Islande est en vue de la Station, le contact radio établi en phonie. Mais, malgré deux heures de recherches  ininterrompues, l'avion ne  réussit pas à trouver la Station qu'il cherche de différentes altitudes, tandis que la plupart des hivernants demeurent  à l'extérieur pour entretenir de grands feux et observer le ciel. Vers 16 h, l'avion interrompt ses  recherches pour ne pas compromettre gravement la sécurité de son  retour  et reprend la direction de l'Islande avec son chargement. L'échec de cette opération, effectuée dans des conditions  relativement favorables, cause à juste titre une amère déception chez tous les participants, acteurs et figurants, de près comme de loin et les tentatives pour ravitailler la  Station Centrale avant l’hiver sont alors abandonnées. La longue nuit est maintenant installée.

A nouveau, le programme des travaux de l'hivernage doit être modifié, car l'essence, le pétrole et l'huile sacrifiés pour assurer les feux de signalisation indispensables ont encore réduit le précieux stock de carburants.

Durant tout l'hiver, la propagation radio restera médiocre, rendant impossible la liaison en phonie prévue pour Noël avec les familles comme l'année précédente.

La fin du mois de janvier 1951 est marquée à la Station Centrale par le retour du soleil. Mais de fortes tempêtes (30 m/s) se succèdent jusqu'à la mi-février. Le 15 mars, la situation devient sérieuse : épuisement du stock d'essence, à l’exception d'une réserve de sécurité de 1000 litres destinée à permettre la descente de deux weasels jusqu’à la côte ouest en cas d'abandon forcé de la Station; fin du stock de gaz carbonique provoquant l'arrêt des radio-sondages, émissions radio limitées à un seul collectif météo par jour et une liaison hebdomadaire avec Paris.

Le premier ravitaillement aérien a lieu le 31 mars par des conditions difficiles : température -45°C, la surface de névé durcie par le vent. Le largage, effectué de trop haut, occasionne une perte de carburant évaluée à 15%. Cette opération qui aurait dû normalement assurer la "soudure" jusqu’à la campagne d'été 1951 n'apporte à la Station qu'un tonnage restreint: 3200kg de carburants, de produits alimentaires, de matériel de toute nature (notamment 1500 litres d'essence en jerrycans, 60 fûts de vivres, 2 moutons en quartiers, de la farine, des cigarettes et des pièces de rechange pour le groupe électrogène). Elle permet cependant dès le lendemain  d'intensifier l’activité scientifique, le retour des beaux jours rendant possibles de nouveaux vols.

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